
Un scientifique de renom est enlevé dans le train qui devait l’emmener en vacances. Harry Palmer (Michael Caine), sergent de l’armée britannique connu pour son insubordination, est chargé par supérieur, le colonel Ross (Guy Doleman), de faire la lumière sur cette nouvelle disparition. En effet, seize autres scientifiques britanniques de renom ont inexplicablement quitté leur poste au sommet de leur carrière durant les derniers mois…
En 1965 arrive sur les écrans britannique un nouvel agent secret. Son nom est Palmer, Harry Palmer, mais son appartenance intrinsèque avec James Bond s’arrêtera là. Lorsque son réveil sonne, Palmer enfourche ses épaisses lunettes, sans quoi il reste dans le brouillard. Son appartement n’a rien de luxueux et l’infect café moulu qu’il s’apprête à boire vient de son fait, non du room service.
Antipathique, insubordonné et peu passionné par son travail, il est donc l’antithèse même de l’agent 007. Un personnage en parfait contre-emploi, qui voit pourtant le jour au cinéma grâce à plusieurs personnes impliquées dans les aventures bien plus exotiques de James Bond.

Produit par Harry Salzmann, monté par Peter Hunt, placé sous la direction artistique de Ken Adam et mis en musique par John Barry, Ipcress, danger immédiat aurait facilement pu se prendre les pieds dans le tapis. Assez miraculeusement, cette production réussit pourtant le tour de force bluffant de se distinguer à 100% de double-zéro-sept.
Mis en scène par Sidney J. Furie, Ipcress crée immédiatement une sensation d’étrangeté chez le spectateur. Optant pour de très nombreux plans obliques en contre-plongée, le réalisateur canadien invente en moins de deux heures un nouveau cinéma d’espionnage européen, sérieux, fait de jeux d’ombres, permettant admirablement d’accentuer l’oppression de la Guerre Froide systématiquement placée en toile de fond.

On dit volontiers et à raison que John Barry a définitivement posé les bases de sa musique en composant la bande originale d’Opération Tonnerre. On peut sans autre ajouter à l’édifice le score composé la même année pour le présent film, tant tout ce qui y est présent résonnera dans l’œuvre de Barry durant les quinze années suivantes.
D’accords dissonants répétés en boucle (la scène du lavage de cerveau ici, la séquence de poursuite sous-marine dans Thunderball) à l’utilisation du cymbalum, élément essentiel pour sous-ligner une ambiance emprunte des pays de l’est (que serait d’ailleurs le thème d’Amicalement votre sans cet instrument hongrois ?).
Suite au succès de Ipcress, deux séquelles seront produites dans les deux années suivantes. Appartenant à d’autres catalogues, ces dernières ne sont donc pas disponibles sous la bannière d’Elephant Films. Le second (Mes funérailles à Berlin) n’a d’ailleurs jamais eu droit à une édition HD sur territoire francophone, tandis que le dernier (Un cerveau d’un milliard de Dollars) est disponible depuis quelques temps chez BQHL, malheureusement encore et toujours amputé d’une scène…

Où voir le film ?
Déjà disponible dans le passé chez Elephant Films, Ipcress, Danger immédiat a droit aujourd’hui à un beau lifting chez le même éditeur (la précédente édition Blu-ray avait un micro-problème d’authoring).
Elephant Films offre différentes options concernant l’acquisition de ce mètre-étalon du film d’espionnage sérieux. Au choix : un combo Blu-ray+DVD, une édition Blu-ray simple ainsi que la possibilité de se voir offrir en bonus le film à l’acquisition de la récente série TV éponyme (Harry Palmer : The Ipress File, coffret Blu-ray ou DVD)
Enfin, l’éditeur vient également de publier un coffret consacré à Michael Caine (7 Blu-rays ou 8 DVDs), regroupant tous les titres mettant en scène le plus flegmatique des comédiens britanniques sortis sous la bannière d’Elephant.

