
En Afrique du Sud, un petit avion-moteur transportant sept personnes s’écrase dans le désert du Kalahari. Les survivants n’ont pas le choix : pour survivre, ils vont devoir s’entraider, et ce malgré leurs caractères très différents. Mais lorsque les vivres commencent à manquer, les plus bas instincts des uns et des autres reprennent le dessus…
Depuis quelque temps, Paramount laisse (enfin) les éditeurs indépendants s’occuper des éditions physiques d’une grande partie de leur back-catalogue. Sidonis et Rimini se sont d’ailleurs mis à la tâche depuis environ deux ans, et il n’est pas exagéré d’affirmer que certaines exhumations relèvent du miracle. Surtout quand il s’agit, comme dans le cas présent, d’une œuvre ayant totalement disparu de la circulation depuis sa sortie.
On a tendance à l’oublier, mais le comédien Stanley Baker fut, durant plus d’une décennie (grosso modo depuis le milieu des années 1950 jusqu’à l’aube des seventies), un acteur sur lequel il était facile de vendre un film. Mieux : l’acteur britannique avait, à l’époque de la production des Sables du Kalahari, une telle assise qu’il pouvait même se porter garant à propos de la production de grosse envergure.

Tout juste sortis de Zoulou, film d’aventures sublime bien qu’encore peu connu dans nos contrées (le tir est d’ailleurs sur le point d’être corrigé grâce à une belle édition à venir sous peu, également chez Rimini), Baker rempile avec le cinéaste Cy Endfield pour les Sables du Kalahari, métrage qui ne connaitra malheureusement pas la même destinée commerciale.
En cause sans doute Le vol du Phoenix de Robert Aldrich, production au canevas scénaristique proche, qui de son côté remplira les salles. Réduire le film de Cy Endfield à une œuvre surfant sur la même vague sera très réducteur, puisque Les sables du Kalahari aborde la thématique d’un petit groupe en mode survie du point de vue des protagonistes attendant sagement le secours, plutôt que de suivre, comme traditionnellement, les téméraires aventuriers partis le chercher.

D’une intrigue à la base statique, Cy Endfield parvient ici à tordre le cou aux idées reçues. Ainsi, intérêt des Sables du Kalahari n’est pas tant de savoir par quel subterfuge le secours viendra, mais plutôt comment des quidams ordinaires vont pouvoir ou non s’accommoder avec une situation qui les dépasse.
Dépassant très largement le statut de simple film d’aventure, le film de Cy Endfield pourrait presque endosser celui d’étude de la nature humaine quand cette dernière se trouve menacée. A mi-chemin entre traditionalisme et des œuvres culte de SF qui pointent le bout de leur nez à la même époque, Les sables du Kalahari est donc bien plus qu’un simple long métrage d’exploitation, une œuvre beaucoup plus complexe qu’elle n’y parait de prime abord. A découvrir donc sans tarder.

Où voir le film ?
Les sables du Kalahari est disponible en Combo Blu-ray+DVD chez Rimini Editions. Soulignons que la copie présentée ici est absolument sublime, grâce à un très beau piqué et un rendu des couleurs éblouissant. En bonus, on trouvera une présentation axée sur Cy Endfield par Laurent Aknin, historien du cinéma toujours agréable à écouter, car restant constamment au niveau de son audience.




















