
J’ai 27 ans. Ce n’est pas si vieux que ça. Je ne veux plus consacrer toute ma force et tout mon être uniquement à ce métier. Ce n’est plus suffisant. En tout cas, ça ne me suffit plus.
Février 1966. Romy Schneider est en vacances de ski à Kitzbühel. Loin des mondanités, elle accepte la présence des caméras du documentariste Hans-Jürgen Syberberg pendant trois jours. Au départ un film de commande, Anatomie d’un visage s’avèrera être, au-delà d’un portrait habilement mis en image, un document d’une pudeur et d’une authenticité rare.
Après un début de carrière fulgurant, Romy Schneider s’enlise. Ayant abandonné les films en costumes qui la mirent jadis en valeur, la comédienne peine à trouver des œuvres qui lui correspondent. Elle a tourné avec Orson Welles (Le procès), Otto Preminger (Le cardinal), mais aucun métrage ne semble l’avoir satisfaite, à tel point qu’elle envisage d’abandonner le métier.

Seul Henri-George Clouzot aurait pu donner l’impulsion d’une vraie carrière intense si L’enfer ne l’avait pas été également durant le tournage (après des semaines de tournages improductifs, le film est définitivement arrêté au moment où le réalisateur fait une crise cardiaque sur le plateau).
Même What’s New Pussycat, que la comédienne qu’elle vient de tourner avec un casting international de jeunes talents prometteurs, ne semblent pas lui correspondre. Un rapide passage aux Etats-Unis, où elle tourne sans passion le pourtant très amusant Prête-moi ton mari avec Jack Lemmon, la laisse de marbre.

Les principales séquences d’Anatomie d’un visage sont tournées juste avant le début de tournage de La voleuse, où Romy Schneider a pour partenaire Michel Piccoli. Alors en plein désarroi artistique, elle ne se doute pas que c’est avec le même comédien et sous la caméra de Claude Sautet que sa vraie carrière débutera vraiment trois ans plus tard, juste après que Delon, son grand amour passé, ne la sollicite comme partenaire pour La piscine de Jacques Deray, film qui lui remettra le pied à l’étrier.
J’espère qu’un jour, on dira : son travail, ce qu’elle a fait, ses interprétations, que ce soit au théâtre ou au cinéma, était bon. Mais qu’est-ce que j’ai fait de remarquable jusqu’ici ? Quelques petites choses dont, je peux le dire, je suis satisfaite. Mais c’est trop peu.
En début de cette année 66, Romy ne se doute pas qu’elle sera d’ici peu la comédienne la plus importante de France, son pays d’adoption. Une inconscience rendant le présent document d’autant plus utile et précieux pour toute personne en proie au doute…

Où voir le film ?
Romy, anatomie d’un visage est le principal supplément présent dans le coffret Blu-ray, contenant la trilogie originale ainsi que Les jeunes années d’une reine, souvent associé aux autres métrages bien que n’ayant pas de lien direct. Ce rare document, qui plus est restauré, est une raison suffisante à l’acquisition de ce coffret – qui plus est vendu à un prix très attractif.
Si la restauration des longs métrages est éblouissante, ces derniers ne sont proposés qu’au format 1.78. La présence en parallèle des montages français et allemands, qui diffèrent légèrement, nous fera rapidement oublier l’absence des copies dans leur format original.




