ZOULOU (ZULU, Cy Endfield, 1964)

22 janvier 1879. Après la défaite britannique à Isandlwana ayant conduit au massacre de 1700 soldats de Sa Majesté, le missionnaire Otto Witt (Jack Hawkins) et sa fille Margareta (Ulla Jacobsson) assistent d’une cérémonie de mariage lorsque le roi Zoulou est informé de cette grande victoire.

Réfugiés dans leur mission, Witt et Margareta se rendent compte que les Zoulous ne vont pas en rester là et s’apprêtent à attaquer l’avant-poste isolé de Rorke’s Drift, utilisé comme dépôt de ravitaillement et hôpital par les forces britanniques…

Disparu de la mémoire collective, Stanley Baker était pourtant, durant les années 1950-60, le comédien britannique bankable par excellente. Comparable à Sean Connery (de par son physique et ses origines ouvrières), Baker a aligné durant deux décennies les succès en salles, alternant de manière adroite films d’aventures à grand spectacle (dont Zoulou est sans doute le plus évident exemple) et œuvres intimistes prestigieuses (le comédien fut très souvent présent au générique de film de Joseph Losey).

Totalement effacé des représentations culturelles modernes, Stanley Baker n’est plus aujourd’hui que le fantôme d’une époque révolue. Il ne restait de lui dans nos contrées comme témoignage de sa valeur artistique et commerciale qu’un large portrait peint visible dans le hall inférieur de feu le Lido, prestigieux cinéma de la petite ville de Delémont, aujourd’hui laissé à l’abandon.

Zoulou marque les premiers pas de Stanley Baker dans la production cinématographique. Fort est donc à parier que sans la témérité de ce fonceur-né, ce qui est aujourd’hui considéré comme l’un des trois films préférés des anglais (avec The Italian Job et Get Carter, deux autres métrages mettant également en scène – comme par hasard – un certain Michael Caine) n’existerait pas. En tout cas pas sous la forme qu’on lui connait.

Sans jamais aborder l’aspect politique de la guerre colonialiste anglo-zouloue qui fit rage au printemps 1879 en Afrique du Sud, le réalisateur Cy Endfield livre avec Zoulou une œuvre au ton aussi radical qu’original. Utilisant les trois règles fondamentales du théâtre (unité de lieu, de temps et d’action), le réalisateur de L’île mystérieuse brouille les pistes au point de créer un nouveau sous-genre froid et implacable, là où les sentiments inter-protagonistes n’ont pas leur place.

Vendu comme un Epic, Zoulou ne garde du genre qu’une patine visuelle, faite d’un décor sublime et de beaux costumes bientôt entachés. Afin de garder la tête haute pour le spectateur britannique, le choix scénaristique du métrage se concentre non pas sur le premier acte de la bataille pour le territoire de Natal (qui fit 1700 morts du côté britannique, massacré pour une armée de 20’000 zoulous), mais la seconde, durant laquelle les soldats de Sa Majesté, pourtant en infériorité numérique, parviendront à prendre le dessus.

Pierre angulaire du film britannique, succès populaire au-delà des espérances (au regard d’une production au budget restreint), Zoulou peut sans conteste également prêter au titre de mètre étalon, tant il y a parier que plus aucune œuvre cinématographique abordant un moment précis d’un conflit armé ne sera pareil après le film de Cy Endfield.

Où voir le film ?

Zoulou est disponible en édition limitée 2 Blu-ray+livre chez Rimini Editions (également disponible en version double-DVD).

Si la copie affiche des couleurs exceptionnelles, on regrettera l’usage du DNR (Digital Noise Reduction) pour l’élaboration du présent master. Par chance, cet artifice de lissage d’image (« waxy look » ou « effet de cire » dans le jargon), n’est pas trop appuyé ici. Donc par chance peu visible sauf si le Blu-ray est projeté via un solide beamer sur un écran commack.

Rimini n’est pas en cause, l’éditeur ayant utilisé le même master que pour les autres éditions disponibles actuellement à travers le globe. On est ceci dit étonné que Paramount, qui détient les droits de Zoulou, n’ait pas encore entrepris une restauration 4K de ce qui reste comme l’un des plus iconique film britannique de l’histoire du cinéma. D’autant plus que le long-métrage a été originellement tourné en 70 mm (donc idéal pour le format UHD).

N’hésitez toutefois pas trop : cette édition est actuellement la meilleure techniquement et aussi la plus complète. Un deuxième Blu-ray complet est consacré aux suppléments. Rimini a eu la bonne idée de récupérer les bonus « historiques » des anciennes éditions, ainsi que de produire une nouvelle présentation pour l’occasion.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *