RENTAL FAMILY (Hikari, 2025)

Brendan Fraser in RENTAL FAMILY. Photo by James Lisle/Searchlight Pictures. © 2025 Searchlight Pictures. All Rights Reserved.

Phillip Vanderploeg (Brendan Fraser), un acteur américain installé à Tokyo peinant à trouver des engagements, décroche un contrat pour le moins insolite : jouer le rôle de proches de substitution pour de parfaits inconnus, en travaillant pour une agence japonaise de « familles à louer ».

En s’immisçant dans l’intimité de ses clients, Phillip commence à tisser d’authentiques relations, qui brouillent peu à peu les frontières entre son travail et la réalité. Confronté aux complexités morales de sa mission, il redécouvre progressivement la beauté sereine des relations humaines…

Shannon Gorman and Brendan Fraser in RENTAL FAMILY. Photo by James Lisle/Searchlight Pictures. © 2025 Searchlight Pictures. All Rights Reserved.

Encore un film ayant fait un passage tellement furtif en salle que personne ou presque n’a eu l’occasion de s’y intéresser. Ceci sans parler du fait que le sujet laissait quelque peu dubitatif.

Un canevas proche de Lost in Translation, la présence de Brendan Fraser (dont le nouvel élan de carrière pouvait faussement laisser à penser à une œuvre hermétique), une réalisatrice japonaise au nom énigmatique : tout était réuni ici pour que le cinéphile ne prête pas d’attention particulière à Rental Family.

Grosse erreur, puisque cette petite bobine enchanteresse est sans l’ombre d’un doute le meilleur feel good movie produit depuis des lustres. Intelligent, sobre, pudique mais emplit de ce que la nature humaine à de meilleure en elle, Rental Family fait méchamment penser aux premiers films d’Ang Lee.

Brendan Fraser and Akira Emoto in RENTAL FAMILY. Photo by James Lisle/Searchlight Pictures. © 2025 Searchlight Pictures. All Rights Reserved.

Le public occidental ne le sait que trop : la culture cinématographique japonaise est très particulière. Pas toujours évident pour un spectateur lambda d’entrer en communion avec une nature de sentiment finalement pas si éloignée que ça de la nôtre, mais dont la retranscription sur grand écran est parfois tellement caricaturale que l’on a du mal d’y adhérer sans afficher un sourire honteux.

Tout comme Ang Lee dans ses trois premiers longs métrages (Pushing Hands, Garçon d’honneur, Salé sucré), Hikari a bien compris qu’une forme d’occidentalisation narrative ne pourrait que servir son film. Pari gagné : Rental Family est, croyez-le sur parole, une œuvre ultra-identifiable dans laquelle tout un chacun se retrouvera.

Shannon Gorman in RENTAL FAMILY. Photo by James Lisle/Searchlight Pictures. © 2025 Searchlight Pictures. All Rights Reserved.

Côté casting, outre un Brendan Fraser de plus en plus étonnant, Takehiro Hira (Captain America : Brave New World), le vétéran très prolifique Akira Emoto (322 entrées sont à signaler à sa filmographie !) et surtout la jeune Shannon Mahina Gorman (dont il s’agit du premier rôle au cinéma) portent littéralement sur leurs épaules ce film en forme de conte universel à propose des rapports humains sains.

Le rachat de la 20th Century Fox par les studios Disney laissait craindre le pire. Tandis que la « maison mère » est effectivement devenu un simple ersatz de Mickey, sa filiale parallèle Searchlight, spécialisée dans le cinéma d’auteur, semble avoir su garder son indépendance, dont Rental Family est un magnifique exemple. Plus qu’un petit film sympathique, un véritable miracle de celluloïd. A découvrir absolument donc.

Où voir le film ?

Rental Family est disponible en Blu-ray et DVD chez 20th Century Studio (distribution Suisse : Rainbow Home Entertainment AG).

Signalons aux réfractaires de VF que le doublage de Rental Family a été très intelligemment réalisé. Ce dernier privilégie en effet les dialogues entre autochtones dans la langue du soleil levant, laissant de côté les habituelles incohérences de compréhension entre les protagonistes.

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