
Dans la Grèce antique, Cadmus (Pedro Armendariz), roi de Crête, s’autoproclame dieu et bannit toute autre forme de religion. Il provoque la colère de Zeus, qui décide de le punir en armant Kryos (Giuliano Gemma), le chef des titans : le dieu grec lui promet que ses frères, enfermés aux Enfers, seront libérés s’il mène à bien sa tâche…
Les péplums et moi, ça fait quatre. Au point même que je n’ai jamais vu Le colosse de Rhodes de Sergio Leone et que je le vive très bien. Autant dire que les très nombreuses productions italiennes du genre, quand bien même ces dernières sont signées par Mario Bava, risquent fort de rester encore longtemps au rayon des prévisions hypothétiques, niveau visionnage.

Je n’étais donc pas prédisposé outre mesure à m’infliger Les titans de Duccio Tessari, si ce n’est grâce à la présente de Giuliano Gemma à son générique. Suis-je ultra fan du comédien transalpin ? Pas plus que d’un autre, mais il faut bien avouer que depuis qu’un pizzaiolo fribourgeois fort recommandable me surnomme comme tel, j’ai une légère tendance à laisser guider ma cinéphilie en fonction de sa présence au générique d’un métrage.
Dans le cas présent, j’ai très bien fait, tant ces Titans ne se prennent pas deux secondes au sérieux. C’est bien simple : si ce film-là était signé par Mel Brooks (d’ailleurs responsable de la bande annonce américaine du film), Woody Allen ou les frères ZAZ, fort est à parier qu’on en aurait entendu parler bien avant aujourd’hui.

Co-production franco-italienne au tournage rocambolesque, entre les frasques de Pedro Armendariz en pleine crise de mégalomanie et l’appendicite – non opérée afin de ne pas retarder le tournage – du culturiste guadeloupéen Serge Nubret, c’est toute l’histoire des cinémas de quartier qui est bel et bien condensé dans le film de Tessari.
OVNI n’ayant pas grand-chose à envier au bien plus célébré Forum en folie de Richard Lester (qui pourrait bien pointer le bout de son nez chez Rimini un de ces quatre, tant cette drôlerie est en phase avec la ligne éditoriale de l’éditeur), Les titans est donc le film idéal pour en finir (ou se réconcilier, au choix) avec le péplum.

Où voir le film ?
Comme toujours, Rimini cible très bien les personnes présentes dans les bonus de ses éditions. Se côtoient ici Stéphane Lacombe pour une exposé très détaillé sur le film, Laurent Aknin, qui commence gentiment à se mettre en scène de manière rigolote et décomplexée tout en gardant un propos passionnant, et Ariane Mnouchkine, qui fut jadis stagiaire sur le film à la manière d’un job d’été.
Dommage que la présente édition n’inclue pas le doublage anglais du film, vraisemblablement chapeautée par Mel Brooks, qui en rajoute une belle couche, niveau parodique.
