
Enquêtant sur un vaste trafic de drogue, l’inspecteur Franz Bulon (John Mills) voit tous les témoins potentiels assassinés par un mystérieux tueur qu’il ne parvient pas à arrêter. En parallèle de son enquête, Belon soupçonne sa femme Lisa (Luciana Paluzzi) de le tromper. D’une jalousie maladive, l’homme de loi va se corrompre en mettant la main dans un terrible engrenage…
Vendu comme un giallo, plus proche en définitive du krimi, Le tueur frappe trois fois tire sa principale influence d’Outre-Atlantique. Plus précisément au cœur d’un polar sec, sorti sur les écrans la même année : Le détective de Gordon Douglas.

Mettant en scène Frank Sinatra, le film est resté dans les mémoires pour une raison indirecte : le personnage principal, du moins sous sa forme littéraire, est le même qui mènera la vie dure, 20 ans plus tard, à une bande de terroriste un soir de Noël au cœur d’un gratte-ciel !
Bien moins énervé à l’aube des années 1970, celui qui ne s’appelait pas encore John McClane devait en effet mener de front une enquête complexe, typique du film néo-noir alors en pleins balbutiements, tout en tentant de tenir tête à son épouse fragile, atteinte de nymphomanie.
Le détective étant sorti quelques mois avant le film de Dallamano, les artisans italiens travaillant à la vitesse de l’éclair et ayant pour coutume de singer tout ce qui marchait aux States, on peut donc légitimement en déduire qu’une influence directe existe entre les deux films.

Côté casting, le vétéran John Mills (Les Robinsons des Mers du Sud) porte le film sur ses épaules et, sans mauvais amalgame, son physique vieillissant colle parfaitement au personnage du flic mariée à une épouse bien trop jeune et jolie pour lui être parfaitement fidèle (Luciana Paluzzi rescapée de Thunderball).
Côté salopiaud de première, l’autrichien Robert Hoffman (Services spéciaux – Division K) faisait ici ses premiers pas transalpins et rejoignait le gang des bellâtres étrangers modulables au service du cinéma de genre italien, tels que Jean Sorel, Luc Merenda ou George Hilton.
Une authentique curiosité, qui ravira à coup sûr les amateurs de cinéma bis européen des grandes années.

Où voir le film ?
Intégrant le très belle collection Angoisses de l’éditeur Rimini, ce film à la frontière des genres voit débarquer Stéphane Lacombe, responsable éditorial de l’éditeur Frenezy, pour une longue présentation très détaillée. Un nouveau visage donc, qui passe aujourd’hui sous la lumière des projecteurs. Et c’est tant mieux.
