
Commissaire de police énergique, Lise Tanquerel (Annie Girardot) renverse accidentellement Antoine Lemercier (Philippe Noiret), professeur de grec, qu’elle a connu 20 ans plus tôt à l’Université.
C’est au moment où les retrouvailles entre cette mère divorcée et le célibataire endurci prennent une tournure sérieuse qu’une série de meurtres, perpétrés à l’aide d’un poinçon marqué d’un léopard et touchant des députés, commence à défrayer la chronique…

Quand j’étais gamin, j’adorais On a volé la cuisse de Jupiter. Le côté Tintin renchéri par le tandem Girardot/Noiret, Catherine Alric (la « Catherine Deneuve sympathique » comme l’appelait ma mère) et le génial Francis Perrin, que j’ai toujours préféré à Pierre Richard (la chose s’est d’ailleurs confirmée avec le temps), auront suffi à faire de ce divertissement un de mes favoris. C’était avant la découverte, je précise, L’homme de Rio du même Philippe De Broca.
Ce que je ne savais pas à l’époque, c’est que La cuisse de Jupiter est une suite. Donc qu’il y a un « numéro 1 » avant. Premier opus qui, assez curieusement, n’était à l’époque pas tellement diffusé à la télévision. En tous les cas, beaucoup moins souvent que le second volet.

Découvert tardivement, Tendre poulet m’a tout de suite séduit. Pas tellement parce que le film fait office de détonateur à la rencontre entre Philippe Noiret et Annie Girardot, mais surtout parce que celui – qui s’appelait encore Le commissaire à de jolies menottes quelques semaines avant sa sortie – a su, malgré le fait que le long métrage reste une comédie, garder en haleine le spectateur via une enquête policière bien moins banale qu’elle n’y parait.
A mi-chemin entre le whodonit et un giallo, Tendre poulet affiche même quelques séquences franchement flippantes. Du moins quand on les découvre à un à un âge où on est encore facilement impressionnable. Bon d’accord : j’ai cette faculté pas si rare que ça de pouvoir regarder un film avec les mêmes yeux que lorsque je l’ai vu pour la première fois. Je suis pourtant convaincu que l’évocation de l’usine désaffectée Clipardi suffira à donner à chair de poule à quelques quidams au même pedigree que votre humble serviteur.

Enfin et surtout, Tendre poulet est la parfaite démonstration du jadis savoir-faire français qui, durant toute les années 1970, arrivait à produire des « films du samedi soir » consistants et attachants. Donc portés par des personnages aux larges reliefs, campés par des comédiens brillants mis au service d’une bonne histoire.
Essayez donc de trouver un semblant de pendant actuel dans le Septième Art hexagonal de divertissement. Je vous souhaite d’ores et déjà bonne chance dans vos investigations…

Où voir le film ?
Sorti une première fois en Blu-ray en 2015 chez TF1 Vidéo et épuisé depuis des années, Tendre poulet ressort aujourd’hui sous la bienveillante bannière de Rimini. Les masters et les bonus sont les mêmes que précédemment.
Quel intérêt me direz-vous ? Simplement de pouvoir à nouveau accéder à Tendre poulet sans enrichir les « promoteurs de l’occasion » jamais avares de proposer des titres épuisés à des prix prohibitifs. Comme le master d’il y a 10 ans était très bon, aucun problème n’est à signaler à l’horizon.

