QUAND LES AIGLES ATTAQUENT (Brian G. Hutton, 1968)

Durant la Seconde Guerre Mondiale, un commando britannique, dirigé par le major John Smith (Richard Burton) et le lieutenant Morris Schaffer (Clint Eastwood) est parachuté au cœur des alpes autrichiennes. Sa mission est de délivrer un général américain retenu prisonnier au Schloss Adler, un château servant quartier général pour les services secrets du Reich. Perché tel un nid d’aigles, la forteresse est qualifiée d’imprenable…

Quintessence du film d’aventure sur fond de Deuxième Guerre Mondiale, Quand les Aigles attaquent représente le chant du cygne d’un style né avec Le Pont de la Rivière Kwaï à la fin des années 1950, quand bien même si le film de David Lean ne repose pas directement sur une mission.

C’est d’ailleurs déjà Alistair MacLean qui finira d’amorcer ce sous-genre grâce à son ouvrage Les Canons de Navarone et l’adaptation cinématographique qui suivra, signée Jack Lee Thompson.

Durant les années 1960, un nombre important de grandes productions anglo-saxonnes joueront la carte de MacLean, avec toujours un schéma de base similaire. Si le deuxième conflit mondial reste présent en toile de fond, ce dernier ne doit jamais prendre le pas sur une intrigue d’aventure rondement menée et aux multiples rebondissements.

Suite au triomphe des Douze Salopards de Robert Aldrich (1967), qui reste encore à ce jour considéré comme le chef d’œuvre du genre (bien que l’on puisse légitimement lui en préférer d’autres), la Metro-Goldwyn-Mayer se décide rapidement à mettre en chantier une autre production similaire.

Alistair MacLean est donc engagé et a pour mission, sans mauvais jeu de mot, de pondre un récit du même acabit que celui des Canons de Navarone. Cas unique dans la carrière du romancier écossais, MacLean a écrit le livre et le scénario de Quand les Aigles Attaquent en même temps.

Tout comme dans Les Héros de Télémark d’Anthony Mann (1965), la toile de fond de Quand les Aigles Attaquent est située dans la neige. Hormis le fait de donner au métrage un visuel aux mêmes allures surréalistes que Le Bal des Vampires de Roman Polanski, ce choix renforce à l’évidence la qualité esthétique de l’ensemble.

Autre atout majeur de Quand les Aigles Attaquent : le château de Hohenwerfen, renommé dans le scénario Schloss Adler. Judicieusement utilisé, l’endroit donne immédiatement au spectateur une sensation d’insaisissable, comme si la mission pour laquelle les protagonistes envoyés sur place était d’emblée vouée à un échec quasi-certain.

Inexpérimenté en matière de très grosses productions au moment du tournage, Brian G. Hutton s’en sort avec les honneurs grâce à sa volonté de casser les codes des films antérieurs surfant sur la même vague. Propulsant le spectateur au cœur de l’action dès le générique, le réalisateur coupe la tête aux traditionnels et rébarbatifs préparatifs de mission.

Climax du métrage, une scène de téléphérique, montrant un affrontement entre Richard Burton et deux soldats allemands, semble avoir été très influencée par les aventures de James Bond, alors très en vogue au moment du tournage de Quand les Aigles Attaquent.

D’ailleurs, les répercutions vis-à-vis de ce moment de bravoure cinématographique seront immédiates : ayant appris qu’une telle scène serait présente dans Quand les Aigles attaquent, Albert R. Broccoli décide d’éliminer un passage similaire présent dans le scénario de Au Service Secret de Sa Majesté, sixième aventure de l’agent 007, tournée quelque mois après le film de Brian G. Hutton.

Détail amusant : au moment du tournage, le château de Hohenwerfen n’était pas encore relié par un téléphérique. Après avoir envisagé d’un installer un pour les besoins du film, la production préfère se déplace dans la station d’Ebensee pour tourner les plans dont elle a besoin, l’endroit étant nanti d’une ligne impressionnante reliant la vallée au sommet des pistes. L’histoire voudra pourtant qu’une ligne de télécabine, reliant le village de Werfen au château, soit construite quelques années plus tard, mais à l’opposé de celle visible dans le film.

Le concentré de scènes d’action réussies ponctuant Quand les Aigles attaquent permet au spectateur d’oublier des problèmes évident de scénario, à la fois alambiqué et par instant très confus, rendant carrément l’intrigue incohérente à mi-parcours.

Très significative de cet état de fait, la longue séquence précédent l’évasion du château, durant laquelle Richard Burton tente, via une joute verbale complexe, de savoir qui parmi les membres de son équipe sont des traîtres, reste un cas véritable casse-tête à vous donner la migraine, et sans pour autant avoir l’assurance d’en sortir avec une lueur de compréhension en sus.

Reste une véritable pépite du film populaire d’antan, un peu surannée certes mais sur laquelle le temps n’a que peu d’emprise. Un classique du genre, qu’il est toujours très agréable à visionner en période de fêtes de fin d’année.

Texte extrait du livre inachevé « Made on Location in Switzerland »

Où voir le film ?

Quand les Aigles attaquent est disponible en Blu-ray et DVD chez Warner Home Video.

CAROL (Todd Haynes, 2015)

Dans le New York des années 1950, Therese (Rooney Mara), une jeune employée de grand magasin passionnée de photographie, voit sa vie basculer lorsque Carol (Cate Blanchett), élégante mère d’une fillette en instance de divorce, se présente à son comptoir. Entre les deux femmes va immédiatement naître une fascination réciproque…

Ayant fait un parcours honorable dans nos salles de cinéma en janvier 2016, Carol a aujourd’hui droit à une relecture, grâce à la prestigieuse ressortie du film de Todd Haynes dans un coffret ultra complet sous la houlette de Bubbel Pop’.

Les temps ayant passablement changé en une décennie, le moment semblait donc idéal pour exhumer ce très beau film, qui avait su tirer son épingle du jeu en évitant de devenir une œuvre militante servant à la défense d’une cause.

Intelligemment, Todd Haynes, qui avait déjà manifesté son amour sans limite pour le cinéma mélodramatique de Douglas Sirk dans Loin du paradis (2002) sans pour autant céder aux sirènes de l’œuvre trop appuyée au vu de son sujet, réitère la chose de manière tout aussi subtile dans Carol.

Loin de là l’intention de prétendre que ces deux métrages ne pourraient à juste titre servir de porte-drapeau à une cause homosexuelle. Simplement d’affirmer qu’une partie de leur force réside dans le fait de pouvoir être pleinement apprécié sans qu’une appartenance sexuelle quelle qu’elle soit n’entre dans le débat.

Adapté du seul roman de Patricia Highsmith (Monsieur Ripley) ne suivant pas une trame criminelle, Carol conserve néanmoins un aspect froid dans l’approche des personnages et de leurs sentiments, typique de la romancière.

Sans tenter de rendre ses protagonistes plus attachants, Haynes livre une œuvre très singulière au vu de l’histoire, qui devrait justement faire appel à une forme de chaleur humaine. Une sorte de pendant inversé du tout aussi formidable Green Book de Peter Farrelly, les deux métrages ayant une toile de fond très similaire mais une approche radicalement différente.

Renforçant cette volonté par une photographie renvoyant aux prémices du Technicolor, le visuel de Carol affiche d’évidentes prédominances vertes et rouges comme pour souligner le fait que l’action du film se déroule durant les fêtes de Noël, mais aussi sans doute pour rendre hommage au procédé historique de la couleur au cinéma, à l’époque où ce dernier n’était que bichrome.

Porté par un tandem de comédiennes imparables dans leurs incarnations de personnes bien obligées de se faire violence face à leur nature au cœur d’une société castratrice à propos de relations amoureuses autres que celles établies, Carol n’a peut-être comme seul défaut son titre, très peu significatif et trop vague pour que l’on puisse saisir la puissance sourde de l’œuvre.

Un très grand film, tant au niveau de sa forme que de son propos, à (re)découvrir dans des conditions sans doute encore meilleures que celles d’une salle de cinéma au tout début de l’année 2016…

Où voir le film ?

Carol est disponible en coffret limité chez Bubbel Pop’ proposant un disque 4K contenant le film en UHD, son pendant au format Blu-ray accompagné des bonus récupérés de la précédente édition, un Blu-ray de nouveaux suppléments très complets (contenant des heures d’interviews de personnes impliquées dans la genèse du film), ainsi que différents documents papier, dont un livre de 100 pages. A noter qu’une édition exclusive aux magasins FNAC propose en plus le vinyle de la bande originale du film, signée par Carter Burwell.

SANS RIEN SAVOIR D’ELLE (SENZA SAPERE NIENTE DI LEI, Luigi Comencini, 1969)

La mort d’une vieille femme, quelques heures avant le renouvellement de sa prime d’assurance vie, éveille les soupçons de Nanni Brà (Philippe Leroy), un avocat au service de la compagnie. Ses investigations vont l’amener à entrer en contact avec les membres de la famille dysfonctionnelle de la défunte et de se rapprocher de Cinzia (Paola Pitagora), la fille cadette, en rupture avec ses frères et sœurs…

Réalisateur impossible à ranger dans une case, ayant une filmographie certes hétéroclite mais très cohérente, Luigi Comencini reste, tout comme Dino Risi, un cinéaste essentiel mais dont l’aura n’arrivera jamais à rivaliser avec les maitres d’un néo-réalisme certes innovant, mais qui reste malgré tout très figé dans une époque. Exactement l’inverse donc de l’œuvres des deux cinéastes précités.

Sans rien savoir d’elle, tourné en 1969 entre deux films ayant plus marqués les esprits (Casanova, un adolescent à Venise et L’argent de la vielle) était passé jusqu’ici sous les radars francophones, le film n’ayant jamais été exploité en Hexagone.

Annoncé comme un polar fonctionnant selon les codes du giallo, porté par Philippe Leroy, comédien français ayant fait l’essentiel de sa carrière en Italie principalement dans le cinéma de genre, cette curiosité avait de quoi éveiller l’intérêt grandissant des aficionados de l’âge d’or du cinéma d’exploitation transalpin.

Un giallo réalisé par Luigi Comencini ? La chose aurait été trop simple. Si partant effectivement sur les codes du polar comme il s’en tournait des tonnes à la même époque en Italie, Sans rien savoir d’elle brouille rapidement les pistes pour se profiler comme un drame amoureux intense, ceci avant de bifurquer une nouvelle fois pour aborder les méandres de la psyché humaine, le tout avec une thématique en filigrane très moderne pour l’époque.

Habitué aux rôles musclés, Philippe Leroy trouve ici une nuance de jeu qu’on ne lui connaissait pas. Un peu comme Belmondo lorsqu’il abordait à une époque où son statut de star étaient déjà confirmé, des personnages faisant appel à ses émotions plutôt qu’à son physique (L’héritier de Philippe Labro, Le corps de mon ennemi d’Henri Verneuil).

Magnifié par une bande originale à la fois délicate et intense d’Ennio Morricone, qui est d’ailleurs pour beaucoup dans l’impact émotionnel de l’œuvre (et dont les deux principaux thèmes seront plagiés par leur auteur pour Sans mobile apparent de Philippe Labro et Harcèlement de Barry Levinson), Sans rien savoir d’elle réussi le pari très difficile de rester en équilibre malgré le carcan d’un genre très défini et les nombreuses influences qui ponctuent le métrage. Peut-être le film le plus étonnant de Luigi Comencini.

Où voir le film ?

Sans rien savoir d’elle est disponible en combo Blu-ray+DVD dans la collection Dolce Italia de l’éditeur Les Films du Camélia.

Restauré par la Cinémathèque de Bologne, la copie 4K utilisée pour cette édition affiche des couleurs chaudes, sans doute pas parfaitement en adéquation avec la photographie originale de Pasqaulino De Santis, mais qui siéent parfaitement avec l’ambiance automnale du métrage. A noter que cette édition HD est à l’heure actuelle la seule disponible à travers le globe.

Le film n’ayant jamais été doublé, seule une version originale sous-titrée est disponible. En bonus, on trouvera, en plus d’interviews récentes absolument passionnantes de Paolo Pitagora (qui partageait l’affiche avec Jacques Brel dans Les assassins de l’ordre de Marcel Carné), Francesca Comencini (qui s’exprime dans un français parfait) et Philippine Leroy-Beaulieu (la fille de Philippe Leroy), trois des premiers courts-métrages de Luigi Comencini parfaitement restaurés.

Une BO toute douce, qui est pour beaucoup dans l’impact émotionnel du film, pour se familiariser avec ce délicat objet filmique :

MATERIALISTS (Celine Song, 2025)

Employée dans une agence de rencontres new-yorkaise, Lucy (Dakota Johnson) est une « matchmakeuse ». Ayant pour tâche de dénicher le meilleur parti possible pour des clients exigeants, elle continue à trainer son célibat, tout en gardant de forts liens d’amitié avec John (Chris Evans), son amour de jeunesse. Transgressant la règle définissant qu’il ne faut jamais mélanger plaisir et travail, Lucy fini par accepte un rendez-vous Harry (Pedro Pascal), l’héritier d’une grande famille…

Rares sont les films qui me posent un dilemme ne me permettant pas de me positionner illico. Donner son avis un tant soit peu argumenté et à chaud à propos d’un film est un exercice pas si difficile que ça et, soyons honnête, dont tout le monde s’en fout éperdument (n’en déplaise à certains gardiens du temple, encore et toujours convaincus d’avoir une quelconque influence sur une audience).

La question du jour est donc de savoir si Materialists, premier long métrage américain de Celine Song (Past Lives), est un nanar de première, le film le plus putassier de l’année ou, pourquoi pas, une comédie romantique un peu moins futile qu’elle ne pourrait le laisser croire.

A l’issue de la vision du métrage, je me tourne tout naturellement vers ma moitié, de nature moins ronchon que son mari et, de manière générale, beaucoup plus tolérante que moi avec des films balisés comme des autoroutes helvétiques.

Je m’attendais donc, en lui disant que mon premier sentiment à propos de Materialists était de ne pas savoir si je venais de voir le film le plus faux-derche du siècle ou quelque chose de potentiellement viable, de la voir à la fois dépitée « devant le niveau navrant du dialogue » (dixit) et un minimum énervé d’avoir « perdu deux heures de son temps devant une telle bêtise » (re-dixit). Des arguments que se défendent plus que largement.

Moi qui comptais passer, une fois n’est pas coutume, pour un gentil et me trouver une alliée dans une cause si ce n’est désespérée, totalement vaine, j’en ai pris pour mon grade.

Certes je déteste cordialement Pedro Pascal, sorte de croisement entre Mason Capwell et Burt Reynolds dont le succès continue à m’étonner, et le glamour de Dakota Johnson me renvoie illico au navrant Cinquante nuances de Grey, assurément le métrage le moins érotogène du troisième millénaire, mais j’avoue avoir, si ce n’est pris un plaisir flagrant, trouvé dans cette romance très ancrée dans son époque un tant soit peu de vraisemblance.

Oui, les apparences, aussi fabriquées soient-elles, ne peuvent combler une sensation de vide qu’un bref instant. Et c’est tout ? En substance, oui. Rien de nouveau sous le soleil donc ? Pas vraiment. Si ce n’est peut-être que Materialists pourra potentiellement servir de détonateur pour quelques personnes plus que jamais obnubilées par les signes extérieurs de richesses. C’est maigre certes, mais pour ce genre de « produit » produit en 2025, c’est déjà pas si mal…

Où voir le film ?

Materialists est disponible en Blu-ray et DVD chez Sony Pictures (distribution Suisse : Rainbow Home Entertainment)

LIFE OF CHUCK (THE LIFE OF CHUCK, Mike Flanagan, 2024)

Alors que le monde semble s’effondrer, que les catastrophes naturelles s’enchaînent, qu’Internet est coupé, des panneaux publicitaires remercient un certain Chuck pour ses 39 merveilleuses années passées. Pourtant, personne ne semble connaitre cet homme d’apparence ordinaire…

Au mois de mars 1995 sortait dans l’indifférence générale sur nos écrans Les évadés de Frank Darabont, adaptation d’une nouvelle de Stephen King. 30 ans plus tard, ce flop retentissant est devenu le film le mieux noté de la plateforme IMDb.

Au mois de juin 2025 sortait dans nos cinémas, une nouvelle fois dans l’indifférence globale, Life of Chuck, d’après un court roman de Stephen King. Sans tirer de plan sur la comète, et sans mauvais jeu de mots au regard du sujet du film, fort est à parier que le film de Mike Flanagan gagnera en estime avec les années.

Appartenant aux œuvres de King ne faisant pas directement appel au fantastique, Life of Chuck est sans cesse comparé à Stand by Me. On pourra légitiment lui trouver plus de points communs avec Cœurs Perdus en Atlantide (Hearts in Atlantis, Scott Hicks, 2001), autre adaptation d’une nouvelle de Stephen King s’étant soldée par flop retentissant, et qui n’a malheureusement pas eu droit jusqu’ici à une quelconque réhabilitation jusqu’ici.

Mais revenons au film de Mike Flanagan, réalisateur s’étant déjà par deux fois dans le passé intéressé à l’œuvre de Stephen King (Jessie, roman jugé comme impossible à adapter en 2017 et Docteur Sleep, suite peu convaincante de Shining, en 2019).

Adorant jouer avec les possibilités techniques actuelles (il l’avait déjà brillamment fait dans Ouija : Origins of Evil en poussant le vice jusqu’à ajouter à son film de faux points de repère pour les changements de bobines), Flanagan joue ici avec différents formats d’image en fonction des trois chapitres, situés à des époques différentes, du film.

Si l’astuce fonctionne admirablement au cinéma, elle se fait plus discrète en vidéo. En effet, tandis que le formatage intelligemment modifié de l’ensemble pour le petit écran évite l’effet « boite dans la boite » (comme ce fut le cas pour d’autres métrages utilisant le multi-format, tels que L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux), il fait presque passer inaperçu un subterfuge apportant pourtant concrètement un plus à l’esthétisme de l’œuvre.

Difficile d’en dire plus sur Life of Chuck sans en dire trop. Ajoutons simplement que si toute la promotion du film est axée Tom Hiddleston, le comédien britannique en est l’axe central sans pour autant être omniprésent à l’écran.

Œuvre faisant appel à des notions telles « l’infiniment grand et l’infiniment petit » comme une perception plus que potentielle, parabole universelle sur le sentiment de « déjà vu » et la possibilité de déconsidérer une vanité très ancrée dans nos sociétés occidentales afin de concentrer ses efforts sur des valeurs fondamentales intrinsèques, Life of Chuck réussi avec une simplicité déconcertante tout ce que le très ambitieux Cloud Atlas n’était parvenu qu’à effleurer.

Film qui restera à coup-sûr comme l’un des meilleurs de l’année cinématographique 2025, Life of Chuck mettra peut-être du temps avant d’être considéré comme le métrage essentiel qu’il est. La consécration du film de Mike Flanagan n’attend peut-être que vous pour devenir concrète…

Où voir le film ?

Première publication de l’éditeur Nour Films, le Blu-ray de Life of Chuck est de très bonne tenue et cible l’essentiel. Le making of et les interviews présentées en bonus vous donneront un complément passionnant sur la genèse du film. Les premiers exemplaires du produit contiennent également en cadeau deux goodies papier s’avérant, une fois n’est pas coutume, plus qu’un simple gadgets, des petits objets fort utiles.

LE LOCATAIRE (THE TENANT, Roman Polanski, 1976)

Trelkovsky (Roman Polanski), un homme timide et réservé, s’intéresse à louer un appartement vacant dans un vieil immeuble parisien. Lors de la visite, la concierge (Shelley Winters) lui apprend que Simone Choule, l’ancienne locataire, a tenté de se suicider sans raison apparente en se jetant de la fenêtre de l’appartement. Très tatillons, les divers habitants de l’immeuble tiennent particulièrement au calme et à la respectabilité de l’endroit. Peu à peu, Trelkovsky commence à penser que ses respectables voisins lui veulent du mal…

Dernier volet de la « trilogie des appartements maudits », après Répulsion (1964) et Rosemary’s Baby (1968), Le locataire est aussi celui qui mettra le plus de temps avant d’être considéré comme une pierre angulaire dans la filmographie de Roman Polanski.

Après Londres et New York, le cinéaste installe son ultime intrigue dont l’enfermement est la clé de voute au cœur de Paris. Afin de mieux brouiller les pistes, Polanski attribue les principaux rôles des personnages intempestifs (la concierge, le propriétaire de l’immeuble et la plus influente des locataires) à des comédiens américains sur le déclin. Un peu comme s’il avait voulu raccrocher ce récit terriblement noir à son passé hollywoodien chahuté.

Là où Répulsion et Rosemary’s Baby jouaient sur l’interaction concrète avec l’entourage proche du protagoniste central, Le locataire s’affranchit de cet aspect palpable pour encore mieux surprendre le spectateur. Délestant le côté clairement conspiratoire du roman de Roland Topor dont il s’inspire le présent film (rendant chaque confrontation entre Trelkovsky et ses voisins possiblement fantasmagorique), Polanski laisse malgré tout à chaque instant planer le doute. Un peu comme si le réalisateur avait mis en chantier Le locataire dans l’unique but de satisfaire les aficionados de Rosemary’s Baby qui auraient (à juste titre peut-être) regretté que le dénouement de ce film référence, où l’horreur est à chaque instant suggérée via son incrustation dans un banal quotidien contemporain, soit justement trop explicite et concret.

Certes, il y a fort à parier que Trelkovsky ne soit qu’un schizophrène imprégné par le lourd passé de l’endroit qu’il habite. Mais pourquoi dès lors ce jeune exilé, qui a sans doute tout comme Polanski subi les affres d’un douloureux passé (l’incarnation du personnage par le cinéaste n’a évidemment rien d’un hasard), s’acharne-t-il à vouloir à tout prix rester dans son appartement, alors que sa clairvoyance paranoïaque l’invite à fuir au pas de course ?

Se terminant par une courte séquence remettant en cause l’intégralité des certitudes que le spectateur s’est peu à peu forgées, Le locataire ouvre soudainement une autre porte. Une autre réalité parallèle potentielle, qui offre d’un coup au récit une possible dimension surnaturelle, jusque-là volontairement écartée par Polanski. Une ultime manière sans doute d’encore plus déstabiliser l’audience. Et ça marche !

Prémisse totalement réussie (et ce malgré le fait que Roman Polanski considère Le locataire comme « une expérience ratée mais intéressante ») de tout ce que David Lynch s’acharnera à mettre en place dans sa filmographie, Le locataire est définitivement l’œuvre la plus sous-estimée de son réalisateur. La pièce maitresse d’un puzzle où chaque élément afficherait un traumatisme de Polanski, cinéaste aujourd’hui à juste titre sujet à controverse, mais dont la parcours filmique n’aurait sans doute pas été aussi passionnant si l’homme avait connu une destinée « normale »…

Texte extrait du livre « Le film de minuit – 1984-1994 : une décennie de séances culte »

Où voir le film ?

Le locataire est vraiment le film de grand studio de Roman Polanski qui fut le plus mal représenté sur support domestique pendant de nombreuses années. En effet, mis à part un DVD américain et un homologue français tardif nanti d’un riche livret, rien au catalogue de la Paramount, détentrice des droits au niveau mondial.

Le film fait son apparition aux Etats-Unis en Blu-ray sous l’effigie de Shout Factory en 2020 avec une VF. Problème : le disque est bloqué en « Region A ». Donc à moins d’être munis d’un lecteur américain, impossible de le lire chez nous. Ceci sans parler du fait que la compression du master utilisé y était calamiteuse.

Le film ressortait chez Vinegar Syndrome fin 2024 en combo UHD 4K + Blu-ray. Si le master est cette fois-ci parfait et le coffret limité très beau (présentant une fausse fenêtre aimantée laissant apparaitre le visage de Polanski une fois ouvert), le Blu-ray est toujours verrouillé uniquement pour les lecteurs US.

Par chance, nous pouvons aujourd’hui compter sur la bienveillance de l’éditeur Carlotta, toujours attentif à fournir à ses clients des produits de haut vol. On conseillera en priorité le coffret « Edition Prestige limitée », regroupant à la fois la version UHD et Blu-ray du film. Une bonne partie des bonus des éditions ricaines est reprise et d’autres exclusifs font leur apparition, avec en bonus des goodies très sympathique (affiche, jeu de photo, reproduction du dossier de presse original).

Attention : cette mouture, limitée à 2000 exemplaires, est déjà en rupture de stock à peu près partout. En se dépêchant, il est toutefois possible d’en dénicher un exemplaire via les deux sites de vente helvétiques principaux en matière de support physique. Mais ne tardez pas trop….

LA VIE, L’AMOUR… LES VACHES (CITY SLICKERS, Ron Underwood, 1990)

Mitch (Billy Cristal), Phil (Daniel Stern) et Ed (Bruno Kirby), trois amis approchant de la quarantaine, sont en pleine crise existentielle. Pour l’anniversaire du premier, ses deux potes ont l’idée de le convier à un séjour de deux semaines auquel ils se sont inscrits. But du voyage : conduire un troupeau de vaches du Nouveau-Mexique au Colorado. Mais les pieds-tendres vont rapidement réaliser que leur quinzaine de détente sera bien plus laborieuse qu’imaginée…

On se souvient tous d’une interview de Billy Cristal au moment de la sortie européenne de La vie, l’amour… les vaches, où le comédien découvrait, mort de rire, la traduction française du titre du film, il faut bien le dire totalement aux fraises. City Slickers, le nom original, que l’on pourrait simplement traduire par « Les citadins », est évidemment bien plus parlant et évite un mauvais amalgame avec une comédie potache, ce que le film de Ron Underwood n’est absolument pas.

Passé relativement inaperçu dans nos salles obscures à l’époque, le métrage trouvera son vrai public grâce à son exploitation en vidéoclub. En revoyant le film aujourd’hui, on est bien obligé de constater que City Slickers véhiculait, à une époque où la remise en question personnelle n’était pas légion, un joli message en filigrane, qui nous était passé au-dessus.

A travers les aventures rocambolesques de nos trois gaillards, c’est bel et bien un portrait clairvoyant bien qu’amusé de la crise de la quarantaine qui nous est dépeint ici, de la perte de repères au recentrage obligé que toute personne arrivant au milieu de son existence doit opérer afin de pouvoir, du mieux possible, atteindre une certaine sagesse.

Carton aux Etats-Unis, le film aura droit à une suite, L’or de Curly, également très sympathique, qui ne connaitra qu’une discrète exploitation cinéma durant l’été 1994 sur territoire francophone européen. Depuis, mis à part un DVD sorti chez Warner aux Etats-Unis (avec une vraie VF et les sous-titres idoines) à la grande époque du support physique, cette séquelle a totalement disparu des radars éditoriaux francophones. Un combo réunissant les deux métrages aurait d’ailleurs pu être une intéressante idée éditoriale…

Où voir le film ?

Spécialisé dans la réédition de films américains populaires des années 1980 et 90, l’éditeur Bubbel Pop’ reprend l’intégralité des bonus de l’édition MGM collector américaine (uniquement sur le Blu-ray) et y ajoute 2 modules produits à l’occasion de la sortie de ce petit coffret Blu-ray+DVD ainsi qu’un livret signé par Christophe Lemaire. A noter qu’une édition limitée, vendue exclusivement dans les magasins FNAC, contient en plus différents goodies (affiche, cartes postales, reproduction du dossier de presse, bandana).

DRIVER (THE DRIVER, Walter Hill, 1978)

A Los Angeles, un homme mystérieux et solitaire surnommé « le Cow-boy » (Ryan O’Neal) est celui que tous les gangsters s’arrachent. Passé maître dans l’art de semer la police en voiture lors de braquages à hauts risques, il s’associe au besoin les services d’une énigmatique et ténébreuse beauté (Isabelle Adjani), parfaite comme alibi. Bien décidé à le coffrer, un flic tenace (Bruce Dern) le traque sans relâche…

En revoyant The Driver, on a beaucoup de peine à se dire que ce film-là fut largement éreinté par la critique de l’époque de sa sortie. Epuré à l’extrême, scénarisé sur du papier à musique, porté par un casting imparable et suranné par son hypnotique bande originale, le deuxième long métrage de Walter Hill a tout d’un film parfait.

Certes, Walter Hill repique certains éléments du scénario qu’il avait écrit pour Guet-apens (1972). Il tentera d’ailleurs, sans y parvenir, de convaincre Steve McQueen de rejoindre le casting du film, mais ce dernier ne souhaite pas apparaître dans une œuvre où l’influence de Bullitt est palpable à chaque seconde. Tourné essentiellement de nuit avec maints problèmes de production, Driver est pourtant un métrage dont les inconvénients finiront par devenir des atouts majeurs.

Abonné aux personnages sympas dans des films jugés trop gentillets, Ryan O’Neal endosse mieux que personne ce personnage de chauffeur énigmatique et taiseux, en apparence tout doux tout miel mais qui, tel un félin, sait exactement à quel instant laisser jaillir ses pulsions. Le parfait miroir inversé en somme du flic qu’incarne lui aussi à la perfection Bruce Dern, crâneur qui ne peut s’empêcher de la ramener inutilement.

Premier et seul film intéressant dans la carrière américaine d’Isabelle Adjani, The Driver permet à l’actrice d’éviter le sempiternel rôle caricatural de la « french girl ». Mystérieuse à souhait, jouant sur la retenue et affichant une beauté froide sans égale, la Française, alors âgée de 23 ans seulement, offre une performance en forme de parfait alter ego féminin de Delon dans Le samouraï (1967).

Jouant avec les pare-brise de bagnoles comme la réflexion d’une arme blanche, utilisant comme personne des endroits peu reluisants de L.A. comme décor, s’amusant avec les perspectives dans d’interminables scènes où la caméra, immobile, se « contente » d’attendre l’arrivée des protagonistes, Walter Hill signait ici une œuvre de référence qui, avec le temps, allait grandement gagner en estime et inspirer les cinéastes contemporains. Définitivement le film injustement boudé des seventies.

Texte extrait du livre « Le film de minuit – 1984-1994 : une décennie de séances culte »

Où voir le film ?

Sorti une première fois chez Studiocanal en 2015, Driver fut réédité fin 2022 dans une prestigieuse édition Steelbook 4K+Blu-ray. Epuisée, ladite édition a laissé place à un simple DVD peu compatible avec les standards actuels.

A noter que les versions 4K+Blu-ray et Blu-ray simple sont encore disponibles en Angleterre, avec des disques identiques en tous points. Il est également possible de dénicher sur différents sites de revente un Blu-ray paru dans différents pays (Australie/Allemagne/Italie/Norvège/Suède/Finlande) chez Universal il y a dix ans et qui contient, ô miracle, une version française et les sous-titres idoines.

Attention : évitez à tout prix un import US de The Driver : le film y est amputé, sur toutes les éditions disponibles outre-Atlantique, d’une scène essentielle entre Ryan O’Neal et Isabelle Adjani.

IN BED WITH MADONNA (MADONNA: TRUTH OR DARE, Alek Keshishian, 1991)

Lorsque le film In Bed with Madonna débarque sur les écrans en mai 1991, tout le monde s’attend à voir ce qui a été annoncé. A savoir une capture filmique de la tournée Blonde Ambition Tour, show pharaonique de la superstar, alors au top de sa carrière artistique.

On se souvient d’ailleurs très bien des spectateurs déconcertés, voire carrément mécontents, venant à la caisse des cinémas pendant la projection pour demander si on ne serait pas en train de leur diffuser le mauvais film. Considéré par beaucoup comme une « tromperie sur marchandise », notamment à cause de son titre européen mensonger, In Bed with Madonna ne laissa que peu de souvenirs autres que mitigés dans les mémoires.

En cause sans doute également, l’exploitation du film majoritairement en français dans nos salles, qui faisait carrément passer cette curiosité pour un véritable OVNI puisque, sauf erreur, il s’agit là de la seule tentative de doublage réel d’un documentaire musical. Comprendre : une VF identique celle d’un film de fiction et non, comme traditionnellement pour ce genre de produit, réalisé à l’aide d’une voix-off venant doubler, façon commentaire, le propos original.

Et il faut bien admettre que d’entendre Madonna doublée dans la langue de Molière par Maïk Darah, voix ultra-identifiable attitrée, entre autres, de Whoopi Goldberg et Courteney Cox, ça pique méchamment les oreilles ! (La VHS vendue quelque mois plus tard était d’ailleurs la première du marché à proposer, sur la même K7, le film en VF suivi de sa VOst).

Se risquer à revoir aujourd’hui Truth or Dare représentait donc un pari pas forcément risqué, mais au minimum hasardeux. Passé le cap d’une trentaine de secondes en VF, histoire de se bidonner un bon coup, le film prend une tout autre dimension quant visionné en VO et en gardant bien en tête qu’il s’agit d’un documentaire sur une tournée et non un simple concert filmé.

Stupeur donc de découvrir un film bon. Très bon même. Devenant presque accessoires, les très brève parties live (en couleurs) laisse place à une œuvre tournée dans un noir/blanc digne d’un film noir de la grande époque. Une réalisation de très bonne facture d’Alek Keshishian, jusque-là réalisateur de vidéoclips, propulsé metteur en scène du doc après le désistement d’un certain David Fincher.

L’ambivalence de l’ensemble, à la fois très contrôlé par Madonna, productrice du film, et de sa volonté de se montrer sans fard, très pro et proche de son personnel (comprendre : ses indispensables danseurs et son équipe technique totalement dévouée) tranche lucidement avec une provocation savamment orchestrée (Linda Lovelace, largement détrônée dans une séquence devenue culte, a dû en faire des crises de jalousie).

Au final, In Bed with Madonna pourrait presque passer pour une œuvre de fiction, tant tout ce qu’on y voit semble irréel. Que ce soit d’assister une séance de drague lourdingue de Madonna envers un Antonio Banderas qui ne sait plus comment se débarrasser de la superstar, pour le coup positionnée dans l’attitude d’une midinette adolescente, ou la manière dont elle clache Kevin Costner, présent car invité au concert mais peu convaincu, dès qu’il a tourné les talons.

Film unique dans l’histoire du cinéma, In Bed with Madonna mérite donc une relecture avec l’œil de 2025. Un œil habitué depuis bien malgré lui à toute forme d’intrusion voyeuriste orchestrée de l’intimité d’une personnalité.

Où voir le film ?

Disponible en combo Blu-ray+DVD+livret chez Bubbel Pop’. Contrairement à Recherche Susan désespérément, paru il y a quelques mois chez le même nouvel éditeur, le présent film est disponible pour un prix plus raisonnable, car vendu sans fioritures encombrantes.

Quatre longues interviews réalisées pour cette édition forment les bonus. Entre l’intervenant à côté de la plaque, celui qui n’a rien à dire et un qui s’écoute parler, on retiendra le discours d’Olivier Cachin. Très à l’aise, connaissant son sujet sur le bout des doigts et passionnant dans son exposé, l’ancien présentateur de RapLine est la vraie plus-value de ces suppléments.

Les personnes désireuses de (re)voir le Blonde Ambition Tour sont invités à se rendre sur Youtube, où il est possible de trouver, sans grande difficultés, des versions restaurées des deux laserdics parus respectivement à l’époque en France et au Japon. Donc avec deux captures distinctes du concert. De quoi plonger complètement dans ce spectacle, qui reste assurément la meilleure représentation scénique de la Madonne.

LES RITES SEXUELS DU DIABLE (LOS RITOS SEXUALES DEL DIABLO, José Ramon Larraz, 1982)

Après la mort brutale de son frère, Carol (Vanessa Hidalgo) se rend en Angleterre chez sa belle-sœur Fiona (Helga Liné) avec son fiancé. Rapidement, elle découvre que cette dernière s’adonne à des pratiques de messes noires au sein d’une secte d’adorateurs du Diable…

Avec un titre pareillement racoleur, il y avait de quoi se méfier. Mais lorsqu’on s’aperçu que cette curieuse bobine espagnole, datant du début des années 1980, était paru sous la houlette d’Artus Films, l’envie de faire confiance à cet éditeur a le ligne éditoriale digne d’un parfait équilibriste passa au-dessus d’un quelconque a priori.

Premier constat : le travail d’équilibriste, consistant à mélanger les genres sans que la chose ne paraisse saugrenue, est autant applicable à Artus qu’au cinéaste José Ramon Larraz (Vampyres), tant le mix entre un érotisme graphique évident et une ambiance horrifique contemporaine, typique du cinéma ibérique de genre de l’époque, fait ici bon ménage.

De là à dire que Les rites sexuels du Diable est un cas d’école, il n’y a qu’un petit pas. On a beau chercher d’autre exemple de métrages ayant su surfer avec succès entre deux styles propres au cinéma bis, il semble en effet difficile de trouver plus représentatif que ce film de Larraz, pourtant considéré très injustement comme l’un de ses plus mauvais.

Restant encore à ce jour le seul réalisateur ayant une œuvre exclusivement destinée aux cinémas de quartier, mais dont un film s’est retrouvé en lice pour la Palme d’Or (Symptoms, 1974), Larraz parvient, au même titre que le britannique Pete Walker (dont Flagellations et Mortelles confessions, deux des meilleures bobines, sont également sortis chez Artus), à créer une ambiance hautement anxiogène avec peu de chose et des moyens ultra-réduits.

Tandis que toute l’intelligentsia culturelle sacralise l’exhumation miraculeuse du pourtant très moyen The Appointment de Lindsey C. Vickers (1981), la sortie du présent film de Larraz risque malheureusement de passer inaperçue en dehors du petit cercle d’aficionados d’un cinéma de genre qui parfois, comme ici, parvient à être plus qu’un simple produit d’exploitation périssable. A découvrir donc sans préjugé.

Où voir le film ?

Disponible en combo Blu-ray+DVD chez Artus Films. Présentant quelques défauts, la pellicule utilisée pour le transfert reste de très bonne tenue, avec un très bon rendu de la photographie originelle, donnant au film un aspect très 70s.