
À la suite d’un accident, Edward (Luc Merenda) est devenu amnésique et a passé plusieurs mois en clinique. Suite à la réception d’un télégramme de son épouse Sara (Senta Berger) dont il n’a aucun souvenir, il se rend dans le petit village portuaire de Portofino, où cette dernière a élu domicile. Or à son arrivée, Edward se rend compte que Sara a également reçu un télégramme signé de sa main. Or, aucun des deux n’a envoyé de missive à l’autre…
La filmographie de Duccio Tessari est suffisamment singulière pour en être passionnante. Entre un polar sec et ultra efficace avec Alain Delon (Big Guns) et un film de blaxploitation avec Isaac Hayes et Lino Ventura (si si : ça existe bel et bien, même si Touch Guys reste difficile à voir), le cinéaste transalpin signait L’homme sans mémoire.
Catalogué au registre du Giallo, ce film diablement efficace tient autant de ce genre italien enfin reconnu comme essentiel, qu’au Poliziotesco, alors en vogue dans les mêmes années. Difficile à ranger dans une case, ce film a énigme casse donc les codes propres au « genre jaune », puisqu’il vous n’y trouvera pas de tueur masqué assassinant à l’arme blanches une succession de filles aussi sublimes que légèrement vêtues.

Si le film est clairement vendu sur le nom de Luc Merenda, acteur français ayant fait – au même titre que Jean Sorel – l’essentiel de sa carrière en Italie, L’homme sans visage repose en définitive bien plus sur Senta Berger que sur l’acteur à la mâchoire d’acier. On est d’ailleurs surpris de voir la comédienne autrichienne – sans doute imposée par la co-production – s’en sortir avec beaucoup de panache, là où elle fut généralement cantonnée aux prestations fades de potiche.
Essentiellement situé dans le village idyllique de Portofino, l’action du film n’en devient pas pour autant celle d’une simple carte postale sur laquelle une vague intrigue serait greffée. Sans pouvoir égaler les grands classiques du genre, L’homme sans mémoire tire néanmoins admirablement son épingle du jeu, grâce à une galerie de personnes de second plan charismatiques, sur lesquels les twists successifs reposent essentiellement. A ranger donc précieusement sur son étagère réservée au Gialli.

Où voir le film ?
Sorti il y a une quinzaine d’année chez feu l’éditeur Neo Publishing, premier en France à avoir démocratisé le cinéma de genre italien des années 1970, L’homme sans mémoire rejoint aujourd’hui la collection consacrée au Giallo d’Artus Films, via un combo Blu-ray+DVD.
Comme à son habitude, l’éditeur soigne le travail éditorial avec des visuels dans une parfaite continuité (en ne changeant pas de format de boitier, détail faisant toute la différence). Notons également qu’il s’agit d’une première mondiale, dans la mesure où l’édition US sortie en 2021 présentait L’homme sans mémoire dans un format tronqué.
Artus reprend ici une partie des bonus de l’édition Neo et y ajoute une longue intervention d’Olivier Père, peut-être un peu trop diffuse pour être réellement passionnante.
Détail amusant : la bande-annonce du film reprend en fond le thème principal ultra funky de la bande originale du film Big Guns, également composée par Gianni Ferrio.
