
Une petite ville des Etats-Unis est le théâtre de décès étranges. Les services sanitaires envoient sur place Mike Brady, un de leurs agents, afin d’épauler le shérif local. Ce qui ne devait être qu’une enquête de routine tourne au cauchemar, les victimes ayant été partiellement dévorées. Au vu des analyses, Brady émet une hypothèse jugée farfelue : les victimes auraient été tuées par des limaces mangeuses de chair humaine…
Le nom de Juan Piquer Simon est en premier lieu associé au film Le sadique à la tronçonneuse, nanar intersidéral dont nous avions parlé avec consternation sur Flagstone, tant le métrage est une cacastrophe (oui : c’est fait exprès). Aucune raison apparente donc pour que Slugs, que le réalisateur ibérique commet 6 ans plus tard, soit meilleur. Et pourtant.

Totalement décomplexé sans pour autant tirer sur la corde au point qu’elle ne cède, Juan Piquer Simon calque son film sur maintes productions US comparables. Le tout agrémenté d’une bonne dose de second degré, histoire que le spectateur saisisse en un quart de seconde que tout ceci n’est que du cinéma bis.
Qui dit bis, dit forcément flics à la ramasse, jolies filles dénudées qui hurlent, gamins insupportables qu’on aimerait bien voir se faire dézinguer et bestioles visqueuses dégoutantes. Au rayon de la « liste de courses », Mutations fait un sang faute (oui, là aussi, c’est fait exprès).

Basé sur un roman de Shaun Hutson, auteur britannique de genre très prolifique que l’on pouvait retrouver au milieu des années 1980 dans la collection « Gore » du Fleuve Noir chère à notre camarade David Didelot, Slugs est donc le film du samedi en deuxième partie de soirée par excellence.
Shaun Hutson avait d’ailleurs donné une suite à son roman à peine une année après le premier. Donc avant la production du film de Piquer Simon. Cette séquelle, arquée sur le même principe mais au cœur d’une grande ville et dans une atmosphère plus glauque, aurait d’ailleurs pu donner une excellente adaptation cinématographique si, de bonne fortune, un studio de cinéma s’y était intéressé.

Enfin, détail à la fois curieux et amusant, on remarquera que le thème musical principal du film est le même que celui de l’inénarrable Amazon Women on the Moon (Cheeseburger Film Sandwich en français). La partition de Slugs est signée par le britannique Tim Souster (Personnel et confidentiel), tandis que celle de la jubilatoire parodie, sortie une année avant, est estampillée Ira Newborn (Un ticket pour deux, La folle journée de Ferris Bueller). Et pourtant, la BO est rigoureusement identique dans les deux cas. Alors, qui pompe qui ?

Où voir le film ?
Mutations est disponible dans la collection « Angoisses » de l’éditeur Rimini (Combo digipack Blu-ray + DVD + Livret)
