
Un tueur en série secoue la petite ville universitaire de Pérouse. Les victimes sont des étudiantes, retrouvées étranglées avec un foulard rouge et noir. Le rituel est suivi du démembrement des victimes, que le psychopathe opère à la scie…
Il y a des films dont la réputation jadis peu glorieuse se transforme avec le temps. Torso en est un parfait exemple. Il n’était pourtant pas très difficile de voir dans ce giallo-là, déjà à l’époque, quelque chose d’assez unique.
Alors oui, on le sait maintenant, le film de Sergio Martino est devenu presque malgré lui celui que l’on considère comme véritable précurseur du slasher qui envahira tantôt les écrans du monde entier dès le milieu des années 1970. Les grandes qualités de Torso ne s’arrêtent heureusement pas là.

En 1973, Martino a déjà réalisé 4 gialli traditionnels (L’étrange vice de Madame Wardh, La queue du scorpion, Toutes les couleurs du vice, Ton vice est une chambre close dont moi seul ai la clé) et le genre va tantôt partir sur sa pente descendante. Comme toujours secondé à l’écriture par Ernesto Gastaldi, Martino casse ici partiellement les codes d’un genre de plus en plus prisonnier de lui-même.
Le point de départ reste identique à tous les gialli classiques : une petite communauté va se voir ébranlée par un tueur masqué opérant toujours de manière vicieuse à l’arme blanche. Un tueur qui, à l’évidence, fait partie des protagonistes visibles à l’écran.
Malins, Martino et Gastaldi, associé pour l’occasion à Carlo Ponti, choisissent une communauté estudiantine remplie de jeunes et jolies filles, à laquelle le tandem va faire opérer un déplacement géographique. De prime abord déstabilisant, ce changement de lieu opère de manière ultra-audacieuse sur le déroulement de l’action, rendant les dernières 30 minutes, au-delà de leur aspect précurseur, véritablement haletantes. Et ce malgré une situation scénaristique ultra-simple.

Devant la caméra, la trop rare comédienne britannique Suzy Kendall (L’oiseau au plumage de cristal, La loi du talion, Meurtre à haute tension, Six minutes pour mourir, un des meilleurs épisode d’Amicalement vôtre) tient le métrage sur ses épaules, tandis que la fragile Tina Aumont, sans doute le plus beau regard du cinéma après celui d’Audrey Hepburn, prouve l’étendue de son talent naturel malgré une filmographie ne lui rendant absolument pas justice.
Bien plus qu’un simple « giallo de plus », une véritable référence dépassant largement le cadre du cinéma bis. A conseiller à tout cinéphile passionné par le film d’horreur moderne.

Où voir le film ?
Le film est disponible chez Carlotta dans 3 éditions distinctes : un Blu-ray, un 4K et un coffret limité. Notre dévolu s’est évidemment dirigé vers le box contenant, en plus d’un combo UHD+Blu-ray, d’une petite poignée de goodies sympas, allant du sticker autocollant à une reproduction de l’affiche réalisée pour cette édition, un volumineux jeu de photo (exploitation et tournage) ainsi qu’une réplique du poster italien original.
A noter que le film n’ayant curieusement jamais été exploité en salles sur territoire français, Torso n’est présente que dans ses deux « versions originales » (italienne et anglaise, chaque comédien parlant sa langue sur le plateau).
