UNE RAVISSANTE IDIOTE (Edouard Molinaro, 1964)

Harry Compton (Anthony Perkins), un jeune homme charmant, est amoureux de la jolie Penelope Lightfeather (Brigitte Bardot). Alors que celle-ci déjeune dans un restaurant, il y provoque un petit incident qui le met en retard à son bureau et conduit à son licenciement. Il se rend alors chez Bagda (Grégoire Aslan), un ami restaurateur comme lui d’origine russe et agent des services secrets soviétiques. Bagda lui confie une mission délicate : le vol d’un document ultra-secret chez Sir Réginald Dumfrey (André Luguet).

En parcourant les mémoires de Brigitte Bardot, on y apprend que la propriétaire de La Madrague considérait Une ravissante idiote comme une « erreur de jeunesse de plus », classant le métrage d’Edouard Molinaro au registre « j’aurais mieux fait de me caser une jambe plutôt que d’accepter de faire ce film ».

Pourtant, en comparaison avec l’ensemble des films que Bardot a tourné avec Roger Vadim, Une ravissante idiote n’a pas à rougir. Tourné quelques mois avant Les Barbouzes, Molinaro devance son confrère Lautner en surfant de manière amusée sur la vague de l’espionnage, alors en plein essor, et de la peur de l’envahisseur russe.

Basé sur ouvrage de Charles Exbrayat, auteur prolifique finalement peu adapté au cinéma et souvent pour un résultat peu convaincant, cette Ravissante idiote reste évident quelque chose à réserver aux aficionados de celle qui restera à jamais – n’en déplaise à certains redresseurs de tort – la femme la plus célèbre au monde.

Tourné essentiellement en intérieurs (les séquences filmées dans les rues de Londres donneront d’ailleurs lieu à des émeutes), Une ravissante idiote permet surtout à Edouard Molinaro de se familiariser avec le comique de situation, via une intrigue placée dans un décor restreint.

Il n’est donc pas totalement saugrenu de penser que Louis de Funès imposera Molinaro sur Oscar, justement pour son aisance à rendre très dynamique les personnages du présent métrage, bien forcés d’évoluer dans un espace limité.

Aux côtés de Bardot et Anthony Perkins, très à l’aise dans le registre de la comédie (et qui joue « in french dans le texte »), on mentionna la comédienne vétérane Hélène Dieudonné. Généralement cantonnée dans les rôles de concierges pour des prestation express, elle fait ici des étincelles avec sans doute le rôle le plus consistant de sa carrière, sans doute largement inspiré par deux tantes de Cary Grant dans l’inénarrable Arsenic et vieilles dentelles de Frank Capra (1944).

Reçu tièdement sur Paris, Une ravissante idiote aura droit à un bien meilleur accueil en province, pour atteindre au final le joli score de deux millions de spectateurs sur territoire Français.

Où voir le film ?

Une ravissante idiote est disponible en 4K UHD et en Blu-ray chez Colored Films.

Aucun détour possible : la copie est absolument sublime. La restauration 4K offre à cette comédie un noir/blanc des contrastes remarquables et un piqué exemplaire. Seul micro-bémol : l’absence de bonus, alors qu’on aurait justement aimé en apprendre plus sur la genèse du film.

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