Claude Monier « L’affiche de cinéma française »

Philippe Druillet © Adagp, Paris

Pendant des décennies, l’affiche de cinéma fut cantonnée à sa destination première : vendre des films au public. Depuis quelque temps, une forme de reconnaissance s’est instaurée. A tel point que certains posters se vendent aujourd’hui presque aussi chers que des toiles de maitres.

Les beaux livres mettant en avant l’affiche de cinéma se sont donc démocratisés ces dernières années. Ces objets représentent d’ailleurs actuellement la parfaite parade pour les collectionneurs afin d’épancher leur soif de possession. Tout d’abord parce qu’il est devenu impossible d’acquérir certaines pièces, niveau pécunier. Ensuite parce que nos murs ne sont, en toute logique, pas extensibles.

@ Sentenza (Caroline Labadie)

L’étonnement est la première chose qui traverse notre esprit lorsque l’on a le livre de Claude Monier en main. D’un format souple, au format A4, l’objet ressemble plus à un grand cahier qu’au gros pavé rigide que l’on s’imaginait. La déception n’est toutefois pas au rendez-vous une fois le livre ouvert.

Loin de l’objet se contenant de reproduire sur un beau papier une quantité impressionnante d’affiches, l’ouvrage de Monier représente une vraie plongée historique ultra-renseignée dans le sujet. Sans jamais céder à un académisme pédant, Claude Monier nous fait partager, tel l’altruiste qu’il est, ses très grandes connaissances en la matière.

René Ferracci © Adagp, Paris

Si les représentations visuelles ne sont pas l’intérêt premier de L’affiche de cinéma française, le livre explore merveilleusement et de manière très didactique la façon de travailler des grands affichistes à travers le temps, souvent très libre dans leur style, mais ayant comme épée de Damoclès une contrainte que seul cet art impose : l’obligation de mettre en valeur le travail d’autrui.

Que les amateurs de belles affiches se rassurent : elles sont bien présentes, mais triée sur le volet. A savoir selon les préférences de l’auteur du livre qui, avec in fine un nombre limité de visuels, parvient parfaitement à faire sentir l’évolution de cet « art fragile de la promesse éphémère », comme il aime à qualifier l’affiche de cinéma. Un beau livre, au sens imagé du terme. C’est le cas de le dire.

Claude Monier « L’affiche de cinéma française – des origines à nos jours » (Grenelle, 148 pages)

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