
Heather (Lesleh Donaldson) vient passer l’été chez sa grand-mère Maude (Kay Hawtrey) qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Celle-ci vient de transformer sa demeure, située près d’un lac, en maison d’hôtes. Les clients commencent à arriver. Certains disparaissent, tandis que d’autres sont retrouvés assassinés…
Encore un slasher me direz-vous. Non, vous répondrais-je. Si ce sous-genre né d’un renouveau du film d’horreur à la fin des années 1970 a actuellement le vent en poupe chez nos éditeurs, il arrive parfois que l’inattendu surgisse là où on ne l’attendait pas.
C’est le cas de ce Cri des ténèbres, petite production canadienne réalisée par William Fruet, cinéaste surtout resté dans les esprits pour avoir opéré au sein de plusieurs séries TV à sensations (Chair de poule, Vendredi 13, Alfred Hitchcock présente).

A la lecture du pitch, on serait tenté de passer notre chemin. En effet, l’exhumation, façon « fond de tiroir », de tous les slashers possibles et imaginables – bien que semblant satisfaire une frange non négligeable de cinéphages – aura parfois tendance à épuiser le spectateur désireux d’ouvrir son horizon au-delà du canevas usé jusqu’à la corde de la bande d’ados fornicateurs, prêts à se faire dézinguer par un tueur fou.
Réussissant à tirer son épingle du jeu en brouillant rapidement les pistes, Cries in the Night (retitré Funeral Home lors de sa ressortie en 1982) fait immédiatement penser à un récit de Stephen King, tant l’ambiance et le décor évoque l’univers de l’auteur.
Une action située en campagne, des personnages dont les traumatismes passés continuent de hanter leur présent et un protagoniste peu enclin à la sympathie (l’ombre de Boo Radley n’est jamais loin), indiquent une affiliation claire bien que sans doute inconsciente avec l’auteur.

Bien malin celui qui parviendra à anticiper le dénouement de cette redoutable petite bobine, même si une connexion avec une œuvre cinématographique majeure – dont nous ne révélerons rien – pourra éveiller quelques soupçons chez l’aficionados d’œuvres capables de mettre ses nerfs en pelote.
Bien moins connus que maintes autres bobines pourtant moins réussies, Le cri des ténèbres est donc clairement le film qui ravira sans l’ombre d’un doute tout amateur de bonne surprise au cœur d’un cinéma de genre par trop souvent aseptisé.

Où voir le film ?
Le cri des ténèbres est disponible en combo Blu-ray+DVD chez Rimini Editions.
L’éditeur annonce en préambule de la lecture que la copie utilisée pour cette édition – la seule disponible à ce jour – présente quelques défauts. Mis à part le fait d’être un peu terne en termes de colorimétrie et de contrastes, cette dernière est fort heureusement dans un bien meilleur état qu’annoncé.
Signalons encore qu’il est largement conseillé de regarder le film en VO, le doublage français étant tellement aux fraises qu’il réduit quasi à néant l’impact dramatique de l’intrigue.
