OPERATION FRERE CADET (O.K. CONNERY, Alberto De Martino, 1967)

Un agent important des services secrets de sa Majesté est assassiné à bord de son avion par une voiture télécommandée bourrée d’explosifs. En l’absence de leur meilleur élément, Miss Maxwell (Lois Maxwell) et le Commandant Cunningham (Bernard Lee) se décident à faire appel à son frère (Neil Connery).

Professeur Es Bullshit, grand spécialiste de l’hypnose doté d’une capacité hors norme pour lire sur les lèvres et accessoirement champion de tir à l’arc, ce Robin des Bois en blouse blanche semble l’homme idéal pour venir à bout d’une organisation criminelle prête à tout pour dominer le monde…

Dans le genre « concept à la con », on a rarement vu pire (ou mieux, c’est selon). Imaginez un peu : M et Moneypenny sont tellement dans la merde en l’absence de James Bond qu’il se décident non pas à faire appel à un membre de sa famille, mais au frère de l’acteur incarnant l’agent secret ! Oui je sais : dit comme ça, on a presque l’impression d’être dans le 114ème multiverse d’une production Marvel foireuse.

Tourné au moment où Sean Connery décide de raccrocher le costard de l’agent 007 alors que le Vieux Continent est en pleine vague « Eurospy », O.K. Connery aurait pu, si géré par autre chose que des incapables, devenir à la fois une parodie de haut vol doublé d’un très solide divertissement mémorable.

Mais en tentant simplement d’aligner un copié/collé scénaristique de la recette miracle instaurée par Harry Salzman et Albert Broccoli et en engageant une grosse poignée de comédiens vu dans les films officiels de la franchise (Daniela Bianchi, Bernard Lee, Lois Maxwell, Adolfo Celli, Anthony Dawson), Alberto De Martino en a oublié qu’un liant était nécessaire pour que la sauce prenne.

Comme ingrédient miracle, l’artisan transalpin dégaine sa grande idée : Neil Connery, effectivement frère cadet de Sean à la ville, plâtrier de métier, qui représente une ressemblance physique évidente avec son frangin, mais dont l’absence totale de charisme est flagrante à chaque plan du film.

Pourtant, à y regarder de très près et malgré des moyens limités, Opération Frère Cadet (aussi exploité sous le titre Opération Double 007) est visuellement très convaincant et le casting (mention spéciale à Daniela Bianchi, bien plus à l’aise ici quand dans Bons Baisers de Russie) fait très bien le job (sauf notre enclume centrale évidemment).

Aussi rythmé qu’un épisode de Maigret avec Jean Richard, O.K. Connery peut heureusement compter sur quelques éléments réjouissants, tels qu’une bande originale certes pas essentielles mais très bien balancée d’Ennio Morricone, ainsi qu’une bonne poignée de seconds couteaux parfaits en salopiauds de service. Frau Lotte Krayendorf n’a en effet rien à envie à cette chère Rosa Klebb…

Où voir le film ?

O.K. Connery est disponible en Blu-ray en Allemagne sous le titre Operation Kleiner Bruder. Pas de VF à l’horizon ni de sous-titres idoines. La simplicité du scénario, le prix du disque et le fait qu’il s’agisse à ce jour de la seule copie disponible à travers le globe devrait suffire à faire passer à la caisse les complétistes en matière d’Eurospy.

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